中午无事,从窗户往外眺望,没有什么风景。在防盗窗隔出的一个个小格子里面,是随风轻轻摇摆的梧桐。秋还不是很深,墨绿的树叶安静地映入眼帘,对面是一排土黄色的6层建筑,和平时一样。
如果坐在电脑前面不站起身的话,看外面的人只能看到上半身,于是一个个人头在眼前掠过,有的快一点是骑着自行车,慢慢走着的则是白头的老翁。
难得的宁静!要是没有一阵阵公交车的报站声,很难想像这是在——北京。
这样的时刻应该有音乐。唱机里面放着一张香颂的精选集,伤感的歌声里,我在网上搜索那位歌手的资料。
这是一张意外得来的唱片,老板把它卖给我的时候是作为没有作价的搭头,我翻看着里面素净的装帧、一幅幅遥远年代的头像,还有1960年代的歌曲录音,直觉告诉我,这张唱片会很好听。
现在这种唱片就在唱机里面播放着,40年前的情怀在空气中流淌,用的是我听不懂的语言。引起我兴趣的这位歌者是Georges Brassens,中文世界似乎没有太多他的资料,只在论坛上有人提起,说他是最伟大的法国香颂歌手之一,虽然已经在1981年去世,他的歌曲却被一次又一次地翻唱。论坛上提供了Georges Brassens代表歌曲的下载,但其中却没有这首 les passantes,把这首歌键入GOOGLE,中文世界里居然没有一个网页。在所有关于Georges Brassens的网页中,他被冠以各种各样的头衔:香颂作曲家、爵士音乐家、吟唱诗人、60年代新浪潮代表音乐家等等,但时过境迁之后,现在他只是一个遥远的歌手,唱着永远的歌。
试图用语言来描述音乐带来的感受是徒劳的,我只能说,Georges Brassens很适合窗外安宁的气氛,在音乐中流露出一种忧伤,在忧伤中又带着一丝洒脱,如果能听懂歌词就好了,这张唱片的名字是《l’esprit poete》,我猜和灵魂或者诗歌有关,在这样的想像中,我愿意猜测这首歌其实是一首诗。
几乎没有什么配器,从吉他进入,中途加入大提琴,最后还是以吉他作结。旋律则异乎寻常地优美,同样优美的还有每句歌词的韵脚,在节奏的小小跌宕中,情绪始终不变,保持着不疾不徐的叙说,磁性的嗓音不带一点点煽情,要仔细分辨才能发现歌者其实是带着一种感情的,不过这种感情更像是经过理性思考的加工,不仅仅是忧伤,在节制的演唱中表达出来的东西竟然如此之多……
第一次听到这首歌时的感觉,只能用惊艳来形容,可同时似乎又有一种老友重逢的激动:这和早年第一次听Bob Daylan,Joan Baze,还有Cohen的情形是一样的,完全浸润其中的感觉。
这张唱片的其他歌曲都好听,但打动灵魂的,是Georges Brassens。
Les Passantes
Paroles: Antoine Pol. Musique: Jean Bertola
Je veux dédier ce poème
A toutes les femmes qu'on aime
Pendant quelques instants secrets
A celles qu'on connait à peine
Qu'un destin différent entraîne
Et qu'on ne retrouve jamais
A celle qu'on voit apparaître
Une seconde à sa fenêtre
Et qui, preste, s'évanouit
Mais dont la svelte silhouette
Est si gracieuse et fluette
Qu'on en demeure épanoui
A la compagne de voyage
Dont les yeux, charmant paysage
Font paraître court le chemin
Qu'on est seul, peut-être, à comprendre
Et qu'on laisse pourtant descendre
Sans avoir effleuré sa main
A la fine et souple valseuse
Qui vous sembla triste et nerveuse
Par une nuit de carnaval
Qui voulu rester inconnue
Et qui n'est jamais revenue
Tournoyer dans un autre bal
A celles qui sont déjà prises
Et qui, vivant des heures grises
Près d'un être trop différent
Vous ont, inutile folie,
Laissé voir la mélancolie
D'un avenir désespérant
Chères images aperçues
Espérances d'un jour déçues
Vous serez dans l'oubli demain
Pour peu que le bonheur survienne
Il est rare qu'on se souvienne
Des épisodes du chemin
Mais si l'on a manqué sa vie
On songe avec un peu d'envie
A tous ces bonheurs entrevus
Aux baisers qu'on n'osa pas prendre
Aux cœurs qui doivent vous attendre
Aux yeux qu'on n'a jamais revus
Alors, aux soirs de lassitude
Tout en peuplant sa solitude
Des fantômes du souvenir
On pleure les lêvres absentes
De toutes ces belles passantes
Que l'on n'a pas su retenir